Evènement: retour sur l’exposition Annecy Paysages

C’est la fin du mois d’Août qui sonne pour moi le début des vacances. Après une saison estivale chargée, voici les quelques jours de repos tant attendus!

Nous décidons de partir à Annecy pour y trouver la fraicheur qui nous a tant manqué durant cet été caniculaire mais aussi l’air frais de la montagne et l’eau douce du lac…Le tout en pleine ville pour ne pas s’ennuyer!

Et c’est sans le savoir que nous découvrons dès notre arrivée un évènement qui aurait pu nous décider à lui seul à choisir cette destination: un festival d’art en plein coeur de la cité! Il se nomme Annecy Paysages et c’est la première édition.

Partons à la découverte de ce périple entre art et paysages en milieu urbain…

Plusieurs de nos centres d’intérêts nous ont naturellement amené à nous intéresser à cet évènement: Nous adorons l’art contemporain, le street art et le spectacle vivant comme l’art de rue. La ville est un de nos terrains de jeux favoris: nous adorons l’explorer, nous y perdre, découvrir ses faces cachées… Et mon parcours universitaire en urbanisme et rénovation des centres anciens enfonce encore le clou!

Annecy Paysages c’est quoi?

Durant plusieurs années, la ville a accueilli un festival d’art de rue. Cette année, l’innovation est au rendez-vous avec ce festival qui réunit architectes, paysagistes et artistes qui vont s’emparer de l’espace public pour le donner à voir sous un autre angle aux travers de leurs installations. Une vingtaine de participants français et étrangers se partagent l’espace et transforment Annecy le temps d’un été. Toute la ville s’anime et un véritable parcours de découvertes est mis en place… Une sorte de chasse au trésor paysagère et artistique qui nous permet de redécouvrir l’espace urbain.

Les installations artistiques

C’est au détour d’un parc arboré du centre ville que nous découvrons les premières installations de ce périple. Au fil de notre balade, des animaux d’un réalisme saisissant nous observent, juchés sur leurs « podiums » à plusieurs mètres au dessus de nos têtes.

Ce sont les œuvres de l’artiste française Victoria Klotz dont la petite famille se nomme « les hôtes du logis ».

Ces « invités » nous rappellent que même l’espace urbain est peuplé d’animaux… insaisissables et pourtant bien présents. Quelle place leur est réservée? Comment les intégrer au mieux parmi les activités humaines?

Sur la place de la mairie, à la tombée de la nuit, c’est un spectacle magique qui s’offre à nous… Une gigantesque fleur de lotus rose, lumineuse, met en mouvement ses pétales comme en apesanteur sur sa lame d’eau.

Cette étonnante fleur géante est l’œuvre de l’artiste coréen Jeong Hwa Choi. Symbole de pureté en Asie, le lotus bouge ici à un rythme lent rappelant celui de la respiration comme un poumon dans ce coeur de ville, rappelant l’importance du moment présent, la beauté et la fragilité de la vie.

L’eau, si présente dans cette ville à travers ses canaux et son lac, est une source d’inspiration pour les artistes. Partie intégrante du paysage, si changeante au fil du jour, elle a inspiré l’artiste française Angela Kornie dans son installation nommée « Laocoon ».

Cette sculpture de bandes métalliques est comme suspendue au dessus de l’eau. Le matériau utilisé s’accorde parfaitement avec cet élément avec lequel il partage certaines propriétés et notamment son effet miroir.

Ces vagues métalliques sont aussi changeantes que l’eau. Le spectateur est tour à tour surpris par la lumière, la taille et la forme de l’installation qui oscillent et se modifient en fonction de sa position.

Toujours au dessus de l’eau, c’est un banc de poissons volants que nous rencontrons près du lac. Une quarantaine d’origamis blancs bougent au grès du vent, en lévitation au dessus de l’eau. Un souffle d’air les fait changer de position et c’est tout le banc qui s’oriente dans une autre direction. Le regard et les mouvements révèlent tantôt des silhouettes en 2D et l’instant d’après le poisson en volumes.

Lignes épurées, matériaux ariens confèrent à cette installation un caractère onirique. On a l’impression que ces poissons, sortis de l’eau, sont aussi à l’aise que dans leur milieu naturel… Ou peut être est ce nous qui vivons une plongée dans les eaux du canal au plus près des mouvements de ces êtres vivants?

Regarder le sol dans la ville est aussi important que de lever les yeux. La gigantesque fresque de l’artiste Arthur-Louis Ignoré alias ALI pare le sol de motifs géométriques rappelant ceux de l’architecture alentours.

C’est d’une dentelle précieuse et pourtant brute et résistante que ALI recouvre les places d’Annecy. Ses motifs géométriques et ses ornements d’inspiration orientale apportent douceur et délicatesse au béton urbain dans lequel ils se fondent à merveille.

Aux abords du lac, pointant vers les sommets environnants, de grandioses arcs et leurs flèches, invitent à observer le paysage. Façonnés à partir d’arbres des forêts avoisinantes, ces arcs d’apparence si robuste révèlent un caractère fragile et éphémère.

Cette œuvre, nommée « Questions de sommets » et son installation au cœur des Alpes porte en elle un double sens: les sommets des montagnes mais aussi ceux que les sportifs rêvent d’atteindre…

Les installations paysagères

La mairie d’Annecy intègre dans sa politique de la ville plusieurs programmes de revalorisation des espaces naturels en milieu urbain. C’est donc tout naturellement (sans mauvais jeu de mot) que des installations botaniques orientées vers une réflexion de la place de la nature en ville ont trouvé leur place dans ce parcours.

La première que j’ai découverte est une pyramide potagère et fleurie, nommée « le Mont des Possibles » installée sur la place Notre-Dame. Cet édifice de bois sert de support à une culture hors-sol de cucurbitacées et de fleurs, la fontaine attenante est sa source.

Véritable îlot de fraicheur et potager urbain, cet édifice se visite aussi de l’intérieur où il donne à voir le paysage urbain environnant au travers des mailles de bois de sa structure. Un nouveau regard est possible…

Au milieu d’une étendue herbeuse, si discrètes qu’on pourrait passer sans les remarquer, des sphères aériennes faites de fils métalliques et envahies de végétaux… Comme tombées du ciel, elles semblent prêtes à partir à la conquête de l’espace environnant bien que colonisées par leurs hôtes.

Cette installation, bien nommée « le soulèvement des graines » part à la conquête des jardins de l’Europe. De ces graines, porteuses de vie, se développe un potager comme un rappel des enjeux environnementaux qui se jouent en ce moment pour offrir aliments et semences aux générations futures.

Dans un square, des montagnes de bois font échos aux sommets environnants. Équipées de balançoires, elles ont vite été adoptées par les visiteurs.

Comme une nouvelle attraction proposant une vision renouvelée du paysage urbain environnant, elles incitent à la rêverie, à la contemplation par les lents mouvements de leur plateforme.

Au milieu du parc de l’Europe se dresse un drôle de nichoir à oiseaux… Juché en haut d’un tronc, il se compose de dizaines d’abris pour les volatiles comme une cité médiévale posée au sommet d’un éperon rocheux. Un immeuble pour oiseaux? Impensable, car eux ne s’entassent pas comme les humains!

« Implantation » est en fait une réflexion sur les migrations, humaines ou animales. A la recherche de meilleures conditions de vie, ces mouvements de population entrainent enrichissement des cultures mais aussi craintes irraisonnées. Cette installation évoque les bienfaits d’une implantation positive

Au beau milieu du centre culturel Bonlieu, ce sont des entrelacs végétaux en lévitation au dessus d’une étendue d’eau qui attirent notre attention.

On dirait des écritures mises en volume par la végétation qui y pousse. Cette installation se nomme « Le Rideau de la Méduse », clin d’oeil au célèbre tableau de Géricault, « Le Radeau de la Méduse », dans lequel les naufragés espèrent leur sauvetage.

Ici la vie ne tient aussi qu’à un fil car toute cette végétation s’éteindrait en seulement 3 jours si elle n’était plus alimentée en eau. Un rappel de notre dépendance énergétique actuelle…

Nous n’avons pas visité tous les lieux d’installation et il aurait été trop long de tous vous les présenter ici.

Pour aller plus loin et découvrir les autres oeuvres, rendez-vous sur le site du festival Annecy Paysages ainsi que sur leur page Facebook où l’on retrouve de nombreuses vidéos.

Si comme nous, vous avez été conquis par cette manifestation, rendez-vous l’année prochaine à Annecy pendant l’été pour la seconde édition!

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